Pauline Marois dit viser un gouvernement majoritaire péquiste

Publié à 19h30 le mercredi 26 novembre 2008

MONTREAL - Même si elle traîne loin derrière Jean Charest dans les sondages, Pauline Marois est confiante de pouvoir former un gouvernement majoritaire péquiste, le 8 décembre.

Gonflée à bloc par sa performance lors du débat de la veille, la chef péquiste est parue mercredi plus combative et ambitieuse que jamais, d'abord devant les étudiants de l'Université de Montréal, puis en point de presse, visiblement déterminée à prendre le pouvoir, voire former un gouvernement majoritaire, ce qui suppose au moins 63 circonscriptions.

Son message à la population est le suivant: "Vous avez besoin d'un gouvernement majoritaire, et moi je suis prête à exercer la fonction", a-t-elle dit, en point de presse.

Le fait que plusieurs analystes et commentateurs de l'actualité aient jugé qu'elle avait offert la meilleure performance des trois chefs, lors du débat, "ça consolide la confiance qu'on peut avoir en soi", a-t-elle dit.

Plus tôt, interviewée sur les ondes de Corus, par Benoît Dutrizac, elle s'est donné une note de 8,5 (sur une possibilité de 10) pour sa prestation de mardi.

Celle qu'on soupçonnait la semaine dernière d'être trop fatiguée pour faire campagne, parce que ses journées se terminaient tôt dans l'après-midi, est passée en deuxième vitesse depuis le débat.

Mercredi, sa caravane a quitté Québec tôt le matin pour Montréal, où elle a enfilé discours, bain de foule, entrevue, rencontres, point de presse et rassemblement de militants en soirée. Jeudi, elle entreprend une tournée régionale, qui devrait la conduire de la Côte-Nord, aux Iles-de-la-Madeleine, en passant par le Saguenay et la Gaspésie.

Sans le dire clairement, Mme Marois semble voir dans la déconfiture récente de l'Action démocratique dans les sondages une brèche favorisant le retour au bipartisme. Elle n'exclut pas le scénario de voir le parti de Mario Dumont éliminé de la carte.

"Dans le système parlementaire dans lequel on est, un système parlementaire de type britannique, c'est un système qui est davantage bâti sur le fait qu'il y ait deux partis majeurs, généralement. A vous de tirer les conclusions", a-t-elle commenté.

Actuellement, avec 36 députés, le Parti québécois (PQ) forme le troisième groupe parlementaire. Il a donc une grosse côte à remonter.

Tous les sondages depuis le début de la campagne donnent le PQ deuxième dans les intentions de vote, plus ou moins une douzaine de points derrière les libéraux de Jean Charest.

Mais après des débuts chancelants, Mme Marois paraît davantage en possession de ses moyens et se dit prête à en découdre avec Jean Charest, dans une lutte à deux, semblant considérer que Mario Dumont n'est plus dans la course, à 12 pour cent dans les intentions de vote.

M. Dumont n'est même pas mentionné dans son discours, qui vise à déboulonner la statue de Jean Charest.

En matinée, la chef péquiste avait poursuivi sur sa lancée de la veille, en se lançant dans une charge à fond de train contre le gouvernement sortant et son chef, lors d'une allocution devant quelques centaines d'étudiants de l'Université de Montréal.

Très combative, Mme Marois a continué à tracer un sombre tableau de Jean Charest, qui aurait caché des faits et menti à la population, que ce soit sur la Caisse de dépôt et placement, la situation économique du Québec, le sort du français ou la longueur des listes d'attente dans les salles d'urgences d'hôpitaux.

Il chercherait, selon elle, à se faire réélire sous de faux prétextes, en profitant de la crise économique et du fait que la population ne souhaite pas d'élections.

"Il veut profiter de la fatigue électorale. Il tente de se faire élire dans le dos des Québécois", a-t-elle dit aux étudiants venus l'entendre.

"D'ici le 8 décembre, Jean Charest, il va me trouver sur son chemin", a-t-elle ajouté, d'humeur visiblement belliqueuse, soulevant les applaudissements.

Comme premier ministre, Jean Charest est soit "arrogant" ou "nonchalant" et "paresseux", a dit la chef péquiste, qui a réussi à faire lever l'assistance en faisant une profession de foi bien sentie en faveur de la souveraineté.

Plus tôt, elle avait pris un bain de foule à la cafétéria, histoire de bavarder avec les étudiants, en les incitant à exercer leur droit de vote le 8 décembre. Les étudiants l'ont bien accueillie.

Si elle est élue, elle a rappelé son engagement à faire la jonction entre l'économique et le social, de même qu'à investir 400 millions $ supplémentaires en éducation postsecondaire, au cours du prochain mandat.

De plus, elle convoquerait un sommet pour aborder le problème du sous-financement chronique des universités.

Mme Marois s'est aussi engagée une fois de plus à faire adopter un projet de loi visant à exclure les pensions alimentaires du calcul du revenu, une mesure qui coûterait 46 millions $ et favoriserait les chefs de familles monoparentales.

 

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