Baba Yaga: un conte russe se transforme en opéra à Moncton

Publié à 5h00 le vendredi 29 janvier 2010
A14

Quand les lumières s'éteindront et que les premières notes résonneront sur la scène du Théâtre Capitol de Moncton, James Fogarty saura s'il a gagné son pari. Le jeune compositeur de 22 ans présente l'opéra «Baba Yaga : Witch of the Forest», les 29, 30 et 31 janvier. C'est la toute première fois que l'Atelier de théâtre de l'Université de Moncton présente une pièce originale créée par un étudiant, qui selon les dires de plusieurs, serait un surdoué de la musique.

À mi-chemin entre l'opéra, le théâtre musical et le conte, l'opéra «Baba Yaga : Witch of the Forest» s'inspire d'une légende russe concernant la sorcière Baba Yaga.

«J'ai toujours été fasciné par la mythologie et les contes. En tombant sur l'histoire, ça m'a donné plusieurs idées pour un projet musical», raconte le finissant du programme d'immersion de l'école Bernice McNaughton à Moncton, et qui a décidé de poursuivre ses études à l'Université de Moncton.

L'œuvre composée par Fogarty raconte plus précisément l'histoire de Susanna (Vanessa Chiasson), une jeune veuve qui cherche la sorcière Baba Yaga afin de lui demander une potion magique pour guérir son enfant mourant. Grâce à l'aide de Lillith (Nancy Breau), Illana (Lisa Gollop) et Bella (Jenna Gallant), serviteurs invisibles de Baba Yaga, ainsi que Koschei (James Fogarty), sorcier et fils de la Baba Yaga précédente, Susanna découvre que la sorcière elle-même est morte, puis reconnaît qu'elle a été choisie pour devenir la nouvelle Baba Yaga, avant de se laisser graduellement emporter par la folie. Jason Guerrette, Véronique Hébert, Jessica Gallant, Sylvie Boulianne, Marie-Julie Bourque, Robert Savoie et Alain Gaudet complètent la distribution.

Plus les jours approchent, plus la fébrilité s'empare des artistes de la pièce, explique la directrice artistique du projet et professeure Lisa Roy.

«On travaille vraiment intensément. Nous n'avons qu'une seule journée de congé par semaine. Nous devons finaliser les détails, mais les chanteurs et musiciens sont très enthousiastes», note Mme Roy.

Pour James Fogarty, c'est de voir se concrétiser son idée qui l'impressionne. Avec costumes, décors, comédiens et musiciens, son opéra prendra réellement vie vendredi lorsque le public y ajoutera ses applaudissements.

«Du point de vue du compositeur, d'entendre son œuvre, c'est formidable, s'exclame-t-il. Malgré tout, je n'avais pas une idée précise en ce qui concerne la mise en scène, j'ai fait confiance à René Poirier et à son sens de l'interprétation.»

Pour la directrice artistique, la présence du compositeur lors des répétitions était un avantage incontestable.

«C'est rare qu'on peut demander directement au compositeur d'un opéra d'ajuster certains passages pour le confort des interprètes. C'était très bien dans ce sens-là», mentionne Mme Roy.

Cette dernière ajoute en riant qu'un autre avantage d'avoir un étudiant comme compositeur réside dans le fait que la pièce est abordable à réaliser.

«On ne pourrait pas commander un opéra sur mesure. C'était une œuvre qui se prêtait bien au contexte pédagogique dans lequel elle se déroule. C'est une bonne expérience pour les chanteurs et pour les musiciens», note Lisa Roy.

Elle ajoute que «Baba Yaga : Witch of the Forest», bien que composé comme un opéra, s'approche du théâtre musical, ce qui en fait un spectacle accessible à tous.

Outre les 11 interprètes solistes, l'opéra met aussi en scène un chœur de chanteurs et un orchestre qui est composé de 18 musiciens, dont 13 sont des étudiants de l'Université.

«Baba Yaga : Witch of the Forest» sera présenté les vendredi 29 et samedi 30 janvier à 20 heures et le dimanche 31 janvier à 14 heures. Les billets au coût de 18,50 $ à 22,50 $ sont en vente dans le réseau de billetterie de Moncton. On peut également se les procurer en appelant au 856-4379 ou en visitant le www.capitol.nb.ca.

 

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