
L'ex-député de L'Assomption Jean-Claude St-André quitte le Parti québécois
Publié à 21h10 le mercredi 12 novembre 2008


MONTREAL - L'ex - député Jean-Claude St-André annonce qu'il quitte le Parti québécois, en raison du rejet de sa candidature dans la circonscription de L'Assomption et de la controverse qui en a résulté.
Dans un communiqué transmis mercredi, M. St-André blâme la chef péquiste Pauline Marois pour les déchirements internes et les accrochages survenus le week-end dernier à la suite de la décision du conseil exécutif national du PQ d'écarter sa candidature. Le mandat de représenter le PQ dans L'Assomption a plutôt été confié à Scott McKay, ex-chef du Parti vert du Québec, ce qui a suscité une réaction de colère de la part de membres de l'exécutif local du PQ dans L'Assomption.
Samedi, une trentaine de partisans de M. St-André ont tenté de perturber l'assemblée d'investiture de M. McKay dans L'Assomption, ce qui a donné lieu à des échauffourées. Le lendemain, une quinzaine de manifestants, dont certains portaient des drapeaux des Jeunes Patriotes du Québec, ont chahuté Mme Marois lors d'un rassemblement du PQ à Montréal.
"J'ai toujours pensé qu'il ne peut y avoir de démocratie et de paix sociale sans lois, écrit M. St-André dans son communiqué. En rejetant ma candidature et en enlevant aux membres de la circonscription de L'Assomption leur droit légitime de désigner leur représentant, Pauline Marois a bafoué ces préceptes et a contrevenu aux règles du Parti québécois. Pauline Marois est donc, selon moi, la seule responsable des événements malheureux de la fin de semaine."
Mme Marois a de nouveau justifié le rejet de la candidature de M. St-André par le fait qu'il ne s'est pas rallié à la décision de ne pas tenir obligatoirement un référendum dès l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement péquiste.
"Dans notre parti on a droit à la dissidence, alors Jean-Claude (St-André) aurait pu rester au sein du Parti québécois. D'ailleurs, s'il a le goût de revenir il est le bienvenu. Mais comme candidat du Parti québécois, il faut adhérer aux orientations qu'on va défendre. Lorsqu'on veut représenter la population québécoise, il faut être solidaire des projets de son parti", a déclaré Mme Marois, mercredi soir, dans le cadre d'un rassemblement partisan à Gatineau.
"C'est sa décision (...). S'il voulait rester, il y a toujours de la place au Parti québécois pour des gens qui ont des points de vue différents", a-t-elle ajouté.
Dans son communiqué, M. St. André condamne les actes de violence commis par certains partisans et trouve "déplorable que des militants dévoués à la même cause en viennent aux coups entre eux".
Il ajoute toutefois que la décision de Mme Marois, qu'il estime sans précédent dans l'histoire du parti, "signifie que tous les membres du Parti québécois viennent de perdre le droit de choisir leur candidat en vue d'une élection. Dorénavant, tous les chefs du Parti québécois pourront exclure un candidat pour ses opinions, en contradiction avec les règlements et les statuts du parti".
M. St-André avait été élu député du Parti québécois dans L'Assomption à l'occasion d'une élection complémentaire en juin 1996. Il avait été réélu en 1998 et 2003, puis battu en 2007.
En 2005, M. St-André avait tenté sa chance, sans succès, dans la course à la direction du Parti québécois.
Scott McKay n'a pas craint
M. McKay, nouveau candidat du PQ dans L'Assomption qui se retrouve malgré lui au centre de cette tempête, a dit mercredi ne pas avoir craint pour sa sécurité lors de l'assemblée d'investiture de samedi dernier. Des partisans de M. St-André ont tenté de bloquer l'accès à la salle où se tenait l'assemblée à des supporters de M. McKay, causant ainsi une bousculade qui a nécessité l'intervention de policiers.
M. McKay a finalement été empêché d'assister à son assemblée d'investiture.
"Je n'ai jamais craint pour ma sécurité dans L'Assomption, a dit mercredi M. McKay. Le président de l'assemblée d'investiture m'a demandé de ne pas pénétrer dans la salle pour des raisons de sécurité, mais moi je n'ai jamais craint pour ma sécurité, ni à ce moment-là et ni depuis."
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