
Mario Dumont fait son mea-culpa et demande un deuxième chance aux électeurs
Publié à 17h20 le dimanche 16 novembre 2008


RIVIERE-DU-LOUP - Mario Dumont a fait son mea-culpa, dimanche, pour ne pas avoir été capable d'offrir aux Québécois "l'opposition officielle du tonnerre" qu'ils attendaient.
Du même souffle, le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) a demandé aux électeurs de passer l'éponge et de lui accorder une deuxième chance.
Dans son fief de Rivière-du-Loup, devant près d'un millier de militants suspendus à ses lèvres, M. Dumont a fait acte de contrition. Il a assumé sans faux fuyant et avec humilité sa part du blâme pour les ratés de son parti, un geste peu commun chez un leader politique.
"Est-ce que moi-même j'ai pu faire des erreurs? La réponse est oui (...) J'assume totalement la responsabilité pour les choses qui n'ont pas marché et pour les déceptions que les Québécois ont pu avoir", a dit M. Dumont, se méritant une ovation.
Le chef adéquiste a reconnu ne pas avoir été un joueur d'équipe exemplaire. Un travers qu'il a mis sur le compte de ses huit ans passés tout fin seul à l'Assemblée nationale.
L'élection inattendue de 41 députés néophytes au scrutin de 2007 a bousculé de vieilles habitudes chez le chef du parti.
"Se peut-il qu'avec l'arrivée de 41 députés je n'ai pas su tout de suite, tout le temps, utiliser de la meilleure manière toutes les ressources à cause de mauvais plis qui avaient été pris? Ça se peut", a-t-il laissé tomber.
De même, Mario Dumont s'est demandé tout haut si les attentes des électeurs envers sa formation n'avaient pas été trop élevées.
"Dans le fond, on s'est retrouvé dans une situation où les attentes étaient là, mais on n'avait ni les outils du pouvoir, ni les apprentissages et les habiletés nécessaires la première journée, comme équipe, pour être l'opposition officielle du tonnerre que les gens attendaient", a-t-il expliqué.
Pour M. Dumont, l'impatience manifestée par son équipe à vouloir changer les choses doublée de son inexpérience parlementaire ont été à la source de nombreux déboires de l'Action démocratique.
Quoi qu'il en soit, "tout cela est dernière nous" et "la flamme reste allumée", a voulu rassurer le chef de l'ADQ.
Les députés adéquistes ont appris de leur erreurs et ont pris du galon, a-t-il argué, citant en exemple ses députés les mieux cotés: le porte-parole en santé Eric Caire et le leader parlementaire Sébastien Proulx.
Dans l'espoir de relancer l'ADQ parmi les aspirants au pouvoir, M. Dumont a annoncé, au 12e jour de la campagne électorale, son intention d'accélérer le rythme de ses activités. A l'instar du chef bloquiste Gilles Duceppe pendant la dernière campagne fédérale, le leader de l'ADQ entend profiter de toutes les tribunes disponibles pour marteler son message de "changement".
Sa conjointe Marie-Claude Barrette sera aussi plus engagée dans la joute électorale.
M. Dumont a terminé son allocution en demandant à ses partisans de l'aider à convaincre les électeurs déçus par l'ADQ à ne pas quitter le navire et à redonner une seconde chance au parti.
"Ce que je veux, c'est que vous puissiez par vos voix et vos applaudissements dire aux gens de la Mauricie, de Lanaudière, des Laurentides, de la Montérégie, de Québec, de Chaudière-Appalaches, à tous ceux qui ont voté ADQ (...) que ça vaut la peine de poser à nouveau les pierres du changement au Québec", a-t-il lancé.
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