
Au pays des boucanières : Les boucaneux et leur métier : de Cap-Pelé à Haïti
Publié à 0h00 le samedi 14 juin 2008

*Cap-Pelé assure 95 % de la production canadienne de hareng fumé

Le documentaire Au pays des boucanières a été présenté en première dimanche à l'aréna de Cap-Pelé. Plusieurs des personnages du film, dont le plus vieux boucaneux du village Omer Boudreau (retraité) et l'historien Régis Brun étaient parmi la centaine de personnes qui ont assisté à la représentation. La réalisatrice, recherchiste et scénariste du film Nicole Briand et le caméraman et monteur Émile Giguère étaient présents. Les producteurs, Colette Mallais et Jacques Levesque de Cojak Productions étaient occupés à d'autres projets.
La nouvelle mairesse, Debbie Dodier s'est faite hôtesse et est montée sur scène devant le grand écran pour accueillir la réalisatrice. Mme Briand a offert cette représentation du film en guise de remerciement à la communauté de Cap-Pelé pour avoir bien accueilli son équipe, pour leur participation et pour la grande coopération des boucaniers et tous ceux qui ont fait partie du documentaire. Elle a aussi remercié Henri LeBlanc, anciennement à la Coopérative de hareng fumé et l'instigateur du projet. Au début, il s'agissait de réaliser une vidéo promotionnelle pour parler des boucanières.
« Personne n'avait fait de film sur les boucanières comme celui-ci, personne n'a osé mettre les pieds là-dedans. Je ne sais pas pour quelle raison… C'était un rêve à Henri LeBlanc de montrer toutes les étapes pour que chaque intervenant voit le travail avant et aussi après. Comme ça, il peut voir où se rend le produit sur lequel il travaille et redonner la fierté à cette tradition qui est un art qui date de très longtemps », a expliqué Nicole Briand aux spectateurs.
Au pays des boucanières présente l'histoire du hareng fumé dans la région. Omer Boudreau y ajoute son expérience et Régis Brun son savoir et ses anecdotes personnelles. Le documentaire touche aux techniques de salage, d'enfilage, aux dangers du métier de boucanier, au rapport des communautés avec le parfum des boucanières. Il passe par les relations présentes et passées entre les boucaniers, par l'invention du fumoir automatique de William LeBlanc et la cuisine haïtienne qui se base beaucoup sur le hareng fumé de la région. Cap-Pelé assurant 95 % de la production canadienne de hareng fumé, Haïti et la République dominicaine en étant les plus gros importateurs, il s'installe une interdépendance entre le village et les deux pays. Le film nous transporte jusqu'à Haïti où l'importance du produit devient claire.
La réalisatrice n'a pas voulu approfondir le sujet des chicanes entre familles quant à la production du hareng fumé dans le film. « On a juste voulu montrer le processus », dit-elle.
« Ce qui m'a tout le temps beaucoup fascinée, c'est qu'à Cap-Pelé, c'est eux qui produisent le hareng fumé, mais il n'y a personne qui sait comment le préparer. C'est pour ça qu'on a eu la chance de rencontrer un étudiant haïtien qui nous a fait une démonstration. C'est de là qu'on est allés rencontrer sa mère (en Haïti) », a partagé la réalisatrice. Elle dit avoir été très impressionnée par le lien fort entre Cap-Pelé et Haïti et avoir fait de belles rencontres durant la production du film.
Nicole Briand, installée à Saint-Antoine, est née à Edmundston et a passé une grande partie de son enfance et de son adolescence en Allemagne, en France et aux États-Unis. Au pays des boucanières était son deuxième film. Il a été produit en un an, de la recherche au montage final. Son premier film Héritage noir, un documentaire sur l'histoire des Noirs au Canada, a été présenté en octobre 2007 à la télévision de Radio-Canada et en février 2008 aux Grands Reportages de RDI.
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