La CSN lance une campagne d'appui aux lock-outés du Journal de Montréal

Publié à 19h30 le vendredi 26 février 2010
Source: jminforme.ca

MONTRÉAL - La CSN lance une campagne d'appui aux lock-outés du Journal de Montréal.

La présidente de la CSN Claudette Carbonneau en a fait l'annonce, vendredi, en conférence de presse pour marquer la 400e journée du lock-out, aux côtés du président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc.

Les élus fédéraux, provinciaux et municipaux seront sollicités, dans le but d'obtenir leur appui à une motion invitant les parties à négocier de bonne foi.

Aussi, le public sera sollicité par une campagne de publicité, a expliqué la dirigeante syndicale. Des panneaux seront notamment installés aux abords des routes, avec les mentions "le quotidien francophone le plus fermé en Amérique" ou "on veut rentrer chez nous", signé par "les 253 lock-outés du Journal de Montréal", avec l'illustration d'un cadenas en signe de lock-out.

Une pétition sera également disponible sur le site web de la CSN.

De même, Mme Carbonneau et M. Leblanc ont récemment rencontré le ministre du Travail, Sam Hamad, pour lui demander de trouver une façon d'intervenir. Ils espèrent avoir de ses nouvelles dans les prochains jours.

Reste que le 25 janvier dernier, le premier ministre Jean Charest lui-même avait publiquement "encouragé" les parties à revenir à la table de négociation, sans grand succès.

Les négociations entre le syndicat et la partie patronale sont au point mort. Elles achoppent sur la question des mises à pied que veut faire la direction.

M. Leblanc mise également sur la rencontre qu'il doit avoir, au début du mois de mars, avec le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia. La Caisse est actionnaire à 45 pour cent de Quebecor Media, qui détient le Journal de Montréal. Fait à noter, Mme Carbonneau siège au conseil d'administration de la Caisse. Elle a toutefois indiqué qu'elle était tenue à la discrétion sur les discussions qui y ont cours, comme tous les administrateurs.

"C'est un tout ce qu'on vous présente aujourd'hui, si on pense au ministre, si on pense à M. Sabia, si on pense à la campagne de publicité, si on pense à la pétition. Ca fait un tout qui est très intéressant et qui, on l'espère, va nous donner un momentum et qui va pousser assez pour faire comprendre à M. (Pierre Karl) Péladeau qu'il est temps de revenir travailler à une table de négociation pour s'entendre", a plaidé M. Leblanc.

Employeur

Du côté de l'employeur, on défend la nécessité d'effectuer des mises à pied au Journal de Montréal.

"Ca fait un an qu'on dit au syndicat que la question des mises à pied, il va falloir qu'on en parle. On le dit depuis un an que ce qui achoppe, c'est du côté des mises à pied. Et à l'heure actuelle, il n'y a aucune mise à pied possible", a déploré en entrevue Isabelle Dessureault, vice-présidente aux affaires publiques chez Quebecor Media.

Pour ce qui est de la campagne de publicité proprement dite, Mme Dessureault, qui ne l'a pas vue, s'est limitée à souhaiter qu'elle "soit dans le mode plus constructif que destructif".

Quant à l'intervention souhaitée du ministre Sam Hamad, Mme Dessureault "ne pense pas que ce soit au ministre" d'intervenir dans le conflit de travail au Journal de Montréal, "surtout que présentement, il y a un processus qui est en place, un processus de conciliation", qui a déjà réussi à dénouer des impasses dans d'autres conflits de travail au Québec.

 

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