Finances: Marois juge que le gouvernement Charest est le pire de l'histoire

Publié à 17h15 le samedi 13 mars 2010
Source: jminforme.ca

LÉVIS - Le gouvernement dirigé par Jean Charest est le pire de toute l'histoire du Québec, sur le plan des finances publiques, selon la chef péquiste Pauline Marois.

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LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Pour remettre les finances du Québec à flot, si elle prend le pouvoir, Mme Marois veillera notamment à appliquer une philosophie économique qui s'éloignera de l'Etat-providence, en favorisant la création de richesse individuelle.

"Ce n'est plus l'Etat qui doit être au centre de notre enrichissement national, ce sont les Québécois eux-mêmes", écrit Mme Marois dans le document de réflexion remis aux militants du PQ inscrits au colloque sur la création de richesse, qui se tient tout le week-end, à Lévis.

Le projet de créer une classe de bien nantis sera "au centre de la politique économique", dans ce parti depuis toujours associé à la social-démocratie.

Car la richesse individuelle est à la base de la richesse collective, ajoute la chef dans le document.

Cette richesse collective, le gouvernement Charest ne l'a pas redistribuée pour le bien commun, mais plutôt dilapidée à ses amis, selon la chef péquiste, mettant une fois de plus en doute l'intégrité de l'équipe libérale.

"Jamais un gouvernement n'aura autant endetté les Québécois", a déclaré Mme Marois, durant son allocution précédant les discussions en ateliers, samedi matin.

Cette intervention survient quelques jours avant le dépôt du prochain budget du gouvernement, qui pourrait annoncer des hausses de taxes et de tarifs.

Le premier ministre Charest disait qu'il voulait avoir les deux mains sur le volant, mais il s'apprête plutôt à mettre les deux mains dans les poches des contribuables de la classe moyenne, a ironisé la chef péquiste, à propos de la volonté du gouvernement de diminuer l'ampleur du déficit

Au laxisme financier, s'ajoutent les allégations de collusion et de corruption du gouvernement, a dit Mme Marois, sur un ton mordant.

Selon elle, la santé des finances publiques continue de se dégrader, alors que les fonds publics fuient de partout, en raisons de la corruption et de la collusion avec les amis du Parti libéral du Québec (PLQ).

La leader souverainiste a de plus tracé un lien entre le salaire versé par le PLQ au premier ministre - 750 000 $ en 10 ans - et le fait qu'il refuse d'instituer une enquête publique sur l'industrie de la construction.

Elle s'est interrogée à savoir si M. Charest ne démontrait pas ainsi qu'il hésite "à mordre la main qui le nourrit".

"Il se refuse à agir pour empêcher des crapules de se remplir les poches avec notre argent", a-t-elle déploré.

Elle a une fois de plus suggéré la tenue d'une enquête sur le financement du PLQ.

Mme Marois a dit aussi que M. Charest devrait commencer par récupérer d'Ottawa les milliards de dollars dus selon elle au Québec.

S'adressant au premier ministre, elle lui a lancé: "M. Charest: allez donc à Ottawa et restez-y tant qu'on n'aura pas reçu ce qui nous est dû".

Dans les corridors, les députés et militants interrogés en marge du colloque ont semblé bien accueillir le virage économique proposé par leur chef.

Il n'y a même pas eu de contestation ouverte de la part du club politique du parti, le SPQ-libre, réputé plus à gauche.

Le député Sylvain Simard a parlé d'une "gauche efficace" pour qualifier la nouvelle orientation.

"Le Québec a besoin d'avoir pour ambition de s'enrichir, de devenir de plus en plus un lieu où la richesse économique fait partie du décor", a-t-il dit, en point de presse.

Le président de l'exécutif du parti, Jonathan Valois, a nié qu'il s'agissait d'un "virage à droite".

Le porte-parole en matière de finances, le député Nicolas Marceau, a dit que le plan consistait à créer un Québec "plus équitable et plus durable".

Toute la journée, les péquistes ont devisé en ateliers des meilleurs moyens de créer davantage de richesse, privée ou collective, et sur le rôle de l'État en la matière.

Le colloque du week-end sur la création de richesse est un des trois événements servant de base au congrès du parti qui aura lieu en juin 2011, alors que le PQ se donnera un nouveau programme électoral.

Le précédent colloque portait sur la langue et l'identité, tandis que le suivant abordera le thème de l'égalité des chances.

 

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