
L’opposition au nucléaire croit irréaliste le projet de Point Lepreau II
Publié à 16h03 le mardi 5 février 2008


FREDERICTON - Le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick s’oppose fermement au nucléaire. Malgré tout, le projet de Pointe Lepreau II ne semble pas trop préoccuper l’organisme, tellement il le trouve irréaliste.
Hier, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a dévoilé le résultat d’une étude de faisabilité qui soutient que le projet de construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Point Lepreau serait viable, sous certaines conditions.
Entre autres, l'étude prévient que pour être viable le projet devra surmonter la concurrence de projets de gaz naturel liquéfié et de gaz naturel, que plusieurs clients potentiels du nord-est des États-Unis ne sont pas intéressés aux contrats à long terme qu'exigerait un projet de développement nucléaire et que la capacité de transmission de l’énergie n’est pas suffisante pour alimenter le marché américain.
David Coon, directeur des politiques au Conseil de conservation, ajoute à cela que le type de réacteur ACR 1000 est toujours sur la table à dessin et qu’on ne sait même pas si un prototype sera un jour construit.
Tout cela mit ensemble, M. Coon croit qu’il est peu probable que le projet voit le jour.
«C’est vraiment improbable, lance M. Coon. Personne n’aura une idée de ce que le réacteur coûtera avant que son design soit complété. Je ne vois pas comment ce projet pourrait aller de l’avant.»
Selon les plans, le privé doit défrayer l’entièreté des coûts de construction, alors que Énergie NB s’occupera de la gestion de la nouvelle centrale. M. Coon voit mal comment un investisseur pourrait être prêt à jeter son argent dans une entreprise aussi risquée.
«Ce projet a besoin de financement, d’une source d’argent, pour être viable. Les coûts de construction pour ce genre de trucs sont incroyablement élevés. De prime abord, on doit se demander d’où proviendra l’argent et, pour l’instant, ces questions ne sont pas répondues, suggère M. Coon. C’est toute une aventure dans laquelle ils s’élancent.»
Si le projet devait aller de l’avant, ce serait la première fois qu’une centrale nucléaire est construite pour le marché de l’exportation. En fin de compte, soutient M. Coon, la responsabilité des déchets nucléaires incombera aux Néo-Brunswickois, alors que l’énergie est destinée à l’exportation vers les États-Unis et les autres provinces maritimes.
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