
La FMSQ veut que Québec se montre plus exigeant dans ses tests de pathologie
Publié à 20h30 le jeudi 17 décembre 2009

MONTREAL - La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et la Coalition priorité cancer demandent au gouvernement de se montrer plus exigeant, et ce dès maintenant, dans ses tests de pathologie touchant le cancer du sein.
Actuellement, la norme varie d'un laboratoire à l'autre, au Québec, entre 1 et 10 pour cent, selon le taux de réponse des cellules cancéreuses à certains marqueurs hormonaux. Et c'est cette réponse aux marqueurs hormonaux qui détermine quel traitement sera offert à une patiente souffrant d'un cancer du sein.
Les deux groupes aimeraient que le gouvernement impose la norme du 1 pour cent à tous les laboratoires du Québec, et ce dès maintenant, pas en mars au moment de la réforme qu'il envisage.
Dans un communiqué diffusé en fin d'après-midi jeudi, l'Association des pathologistes du Québec (APQ) a également suggéré l'application de la norme du 1 pour cent.
Selon le docteur Louis A. Gaboury, président de l'APQ, il est nécessaire d'implanter, dès que possible, un programme d'assurance qualité et de remettre à niveau tous les laboratoires de pathologie du Québec. De telles mesures, a-t-il précisé, permettraient d'harmoniser les pratiques, de réduire les variations entre les laboratoires et d'adopter des normes scientifiquement reconnues et jugées les plus sécuritaires.
Interrogé à ce sujet, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, a fait valoir qu'il n'y avait pas de consensus à ce sujet dans le monde médical au Québec.
"Nos experts, au Québec, nous disent qu'il n'y a pas de consensus par rapport au traitement, si c'est 1 pour cent, 3 pour cent, 5 pour cent ou 10 pour cent. Ce qui semble faire consensus, c'est que les patientes qui ont en haut de 10 pour cent devraient être traitées. Les autres, ça dépend de la condition clinique et ça dépend également de l'interprétation du médecin", a-t-il expliqué.
Il s'est montré ouvert à appliquer la norme qui sera jugée acceptable par voie de consensus chez les experts. "Je m'engage que si les experts font un consensus, et on va rechercher le consensus à ce niveau-là, on va le respecter et l'appliquer", a dit le ministre.
Les deux groupes admettent par ailleurs que le gouvernement est allé dans la bonne direction en dévoilant les résultats des tests de pathologie réalisés du 1er avril 2008 au 1er juin 2009 qu'il a fait vérifier par un laboratoire de Seattle. C'est ainsi qu'on a su que 87 patientes avaient reçu un résultat de laboratoire faussement négatif. Parmi elles, 39 ont vu leur traitement ajusté par l'ajout d'une hormonothérapie ou du médicament Herceptin.
La FMSQ et la Coalition priorité cancer croient toutefois qu'il faut aller plus loin.
"Le test de Seattle n'a pas été construit pour voir la position par rapport à la norme de 1 pour cent; le test a été construit pour voir si les chiffres du Québec étaient corrects", a expliqué jeudi le docteur Gaëtan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes.
"L'exercice qui a été fait (à Seattle) est louable pour déterminer si les laboratoires sont dans le champ droit ou dans le champ gauche ou dans le champ centre. Mais l'objectif n'est pas l'application d'une norme de seuil de détection de 1 pour cent et des conséquences cliniques qui viennent après", a-t-il ajouté.
Le docteur Pierre Audet-Lapointe, porte-parole de la Coalition priorité cancer Québec, demande pour sa part "pourquoi est-ce qu'on n'est pas allé plus loin qu'un an" dans la révision des tests de pathologie de 2008 et 2009. Il aurait souhaité un recul d'au moins cinq ans.
Là encore, le ministre Bolduc a répondu qu'il s'est fié aux recommandations du comité d'experts médicaux qui l'a conseillé à ce sujet.
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